Ici, c’est impossible de se presser. Au petit matin, réveillé par le chant des huards ou par le froid qui s’est glissé sous la couette, on ravive le feu de la veille qu’on a laissé mourir après une partie de tarots. On enfile deux ou trois couches de vêtements encore imprégnés d’humidité, puis on sort, mains dans les poches, pour découvrir le premier gel de l’automne. En descendant la pente recouverte d’aiguilles de pin, on reste à l’affût des moindres bruits provenant de la forêt, tout en se dirigeant vers le léger clapotis de l’eau. On choisit une pierre pour s’asseoir, au bord du lac. Il raconte alors la nuit froide du bout de sa langue vaporeuse, accompagné du chant doré des feuilles qui tombent. On est là… et on n’attend rien de plus. lire la suite »