L'ilot entre d'Iberville, la sixième avenue, Jean-Talon et Bélanger
Une collègue de travail m’écrit ceci :
« Salut!
Écoute, je suis allée faire une incroyable balade dans Rosemont Villeray, fallait que je te dise. J'ai découvert un p'tit coin perdu, un genre de no man's land, un quadrilatère aux allures de bled perdu de campagne, un mini village à la Roxton Pond, avec des maisons délabrées, un chien qui jappe trop, une rue absurde, des cours arrières fascinantes. Bref, j'étais vraiment étonnée.
Débarque au Métro Iberville, c'est entre Jean-Talon et Bélanger, entre Iberville et la 3e avenue. Le cœur de cet espace est la rue Beaujeu, qui mesure à peu près 1 km, et j'exagère! Tu peux flâner là longtemps le dimanche après-midi, quand personne ne sort! On dirait un autre monde! J'espère que tu aimeras!
Bonne JRF,
Catherine »
Salut Catherine et merci du tuyau !
En revenant du cégep, ce soir, j’ai garé ma voiture devant le parc Bélair, à l’ouest de la 6e avenue et je me suis promené entre les rues que tu m’as indiquées. À mesure que je marchais, je comprenais ce que tu impliquais par le genre « No man’s land » qui caractérise le petit ilot : peu de gens se promènent sur les trottoirs, peu d’autos circulent dans les rues, il y a de grandes ruelles larges et vides où se côtoient des cabanes rafistolées de tôle et une impression générale d’immobilité. Les arrière-cours étalaient les trésors des ramasseux et les merveilles des bricoleurs du dimanche, ce qui lui donne une allure de bled perdu. J’ai aussi remarqué que les rues, peu praticables en voiture à cause des sens uniques, libèrent le déambulateur de tout stress et lui offre la latitude de laisser traîner son regard un peu partout avec la lenteur qu’il désire. Cependant, il me semblait qu’il y avait plus de ruelles que de rues dans cet ilot. J’étais tellement enthousiasmé par cet endroit que j’ai décidé de souper là. Je me suis acheté un excellent sandwich italien au coin de Molson et de Jean-Talon et je l’ai englouti en explorant ce petit monde. J’ai même vu un pin blanc dans une cour. Un pin blanc, tu te rends compte ! Pour compléter l’atmosphère, un couple hispanophone discutait en parlant fort sur un balcon et j’ai entendu de la musique arabisante sortir d’une fenêtre ouverte d’un deuxième étage. Mais peu de personnes se faisaient la comédie en posant pour la postérité et pour la plus grande joie du flâneur.
Merci encore de ton message.
Xavier